Blues. Amertume. Rancoeur. Mélancolie. Nostalgie. Rancune. Désarroi.

Blues. Amertume. Rancoeur. Mélancolie. Nostalgie. Rancune. Désarroi.
SPLEEN LXXVIII.



Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.



Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
# Posté le vendredi 02 novembre 2007 09:23
Modifié le samedi 15 décembre 2007 10:40

Le Dormeur du Val

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C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.




Arthur Rimbaud.




Ce poème est tout simplement magnifique, il me touche énormément...
# Posté le dimanche 04 novembre 2007 04:05
Modifié le samedi 15 décembre 2007 10:38

Après le dialogue, le monologue....

Après le dialogue, le monologue....
Un manque certain d'audace, un besoin évident de me rassurer, un perfectionnisme me faisant mettre des limites à tout; que de raisons m'empêchant de briser les limites invisibles que mon imagination a créé, de ce qu'on appelle le Destin. Je me voile certainement la face, et se mentir à soi même est la pire des choses, pourtant c'est ainsi que je mène ma vie, c'est ainsi que j'accepte ce que je traverse, en m'imaginant qu'il y a une raison à tout, que rien ne se passe par hasard. Un manque cruel d'idéaux, de rêves et d'ouverture d'esprit; peut-être parce que je sais combien il est douloureux de tomber de haut, mon rêve brisé d'une idée utopique d'une vie de bonheur et d'amour.
# Posté le mardi 15 janvier 2008 13:23
Modifié le mercredi 09 avril 2008 11:17

Les poètes...

Les poètes...
"Ces chantres sont de race divine, ils possèdent le seul talent incontestable dont le ciel ait fait présent à la terre. Leur vie est à la fois naïve et sublime; ils célèbrent les dieux avec une bouche d'or, et sont les plus simples des hommes; ils causent comme des immortels ou des petits enfants; ils expliquent les lois de l'univers, et ne peuvent comprendre les affaires les plus innocentes de la vie; ils ont des idées merveilleuses de la mort, et meurent sans s'en apercevoir, comme des nouveau-nés."

René, Chateaubriand.

Merci... ;)


Pix: ici.
# Posté le vendredi 18 janvier 2008 11:09

Assise sur ma chaise, j'entend mais je n'écoute point.

Assise sur ma chaise, j'entend mais je n'écoute point.
<3
Le coude posé sur la table et ma main soutenant mon menton, je regarde, réveuse ,dehors. Le brouhaha de la classe ne m'atteint pas et le silence m'envahi.
Le soleil couchant diffuse une douce lumière orangée sur les tuiles de cuivre. Le contraste avec le ciel bleu, pâli par des nuages brumeux, est magnifique. Mon esprit est absorbé par ce paysage qui semble tellement banal... J'aimerais tant monter sur les toîts, et admirer le déclin de cette puissante boule de feu, lassée par ses simples reflets s'estompant au gré du vent, maître de la partie de cache-cache entre le soleil et les nuages.
Eternel recommencement, mais éternel émerveillement, le ciel est bel et bien le plus bel endroit de la Terre.


Pix: un rêve...
# Posté le jeudi 31 janvier 2008 16:52
Modifié le jeudi 31 janvier 2008 17:02