Quel fût mon étonnement lorsque je le sentis se soulever dans ma poitrine, aussi furtivement soit-il. Moi qui le croyais mort, moi qui l'avait déjà oublié, il m'a laissé dans un état de trouble et d'anxiété... Après tant de temps passé à vivre sans lui, aujourd'hui c'est comme s'il avait ressuscité de ses cendres. Une sensasion fugace, effrayante car incontrôlable, que j'essaye de conserver le mieux que je peux. Il se manifeste au moindre son de sa voix, à sa moindre vue. Je le vois sans le regarder, l'entend sans l'écouter. Mes yeux fixent un point quelconque dans le vide, pourtant tout mon esprit est transporté vers lui. Je fronce les sourcils car j'ai en moi une sensasion frustrante d'incontrôle. Mes yeux ne peuvent s'empêcher de suivre mon esprit, nos regards se croisent alors, un dixième de seconde, le feu de ses prunelles pâles me brûle d'un feu divin, léger vertige, je me noie maintenant dans ses yeux transparents et profonds. Je le fixe et l'ivresse me gagne, buvant dans ses yeux l'alcool de la rancoeur.
Puis un sentiment semblable, mais très différent, me gagne lorsque ses yeux se détournent sur quelqu'un d'autre, lorsqu'il offre un sourire à quelqu'un d'autre, lorsqu'il accorde la moindre seconde d'attention à quelqu'un d'autre, mes sourcils se froncent alors et je prend inconsciemment un air contrarié.
Je t'en prie, fais moi part de tes conseils avisés, je me sens sombrer à nouveau, trouve un moyen de piéger ces blessures qui s'annoncent déjà si profondes, celles de mon âme et de mon coeur.

